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Cannes 2004, plainte contre violences policières au Tribunal de Grasse

Publié, le mardi 15 novembre 2005 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : mercredi 16 novembre 2005

Mercredi 16 novembre 2005 à 8h30 : audience suite à la plainte déposée par un militant d’AC !


Chômeurs - précaires - intermittents, Solidarité !

Le 15 mai 2004, au festival de Cannes, l’intervention policière lors de l’occupation du « Star cinéma », salle dédiée au marché du film, avait tourné au véritable cassage de gueule de manifestants, de badauds, de journalistes, suivi pour certains de blessures graves, d’arrestation, et de menaces de procédures judiciaires.

Suite à ces évènement, Tommaso, militant d’AC !13 , avait déposé une plainte
contre un policier en civil pour violences.
La plainte a été reçue, ce qui n’est pas très courant.
Tommaso est convoqué, devant la chambre correctionnelle
du Tribunal de Grasse, Alpes Maritimes, pour une audience ce mercredi
16 novembre 2005 à 8h30.


Si l’un ou l’une d’entre nous prend des coups,
c’est nous tous qui les recevons.

C’est pour cela que nous comptons sur votre solidarité
et votre présence au T.G.I de Grasse ce mercredi.

Ce que nous défendons nous le défendons pour tous !

AC !13 - ac.13 free.fr
Contact : 06 33 28 13 01

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Récit des scènes de tabassage qui ont eu lieu samedi 15 mai 2004 contre des intermittents du spectacle et des journalistes.

Par Michel HENRY, Liberation - lundi 17 mai 2004

Les intermittents tardaient à faire dégénérer le festival. Alors,
les
policiers
leur ont donné un coup de main, ou de poing, samedi, avec efficacité.
Samedi,
17 h 45. Ça s’appelle « Les flics cognent au Star », ce ciné, rue
d’Antibes, que
quelques dizaines d’intermittents et précaires ont choisi d’occuper.
Leur
premier acte olé olé : ils bloquent des projections du marché du
film, pour
« enrayer la machine économique du cinéma ». Bon enfant, mais les
spectateurs ne
sont pas ravis, ni la direction du ciné, qui appelle la police. Un
premier type
bizarre, en civil, traîne. S’en va. Revient avec ses copains. Et là,
du grand
art. A six, ultraviolents, ils foncent sans s’annoncer dans le cordon
des
manifestants barrant l’entrée.

Des flics ? Ils n’ont pas de brassard. Des vigiles brise-grève ? Les
manifestants ripostent. Les six énergumènes sortent leurs brassards
« Police ».
Empoignades. Coups. Un policier en civil enfonce son doigt dans
l’oeil d’un
manifestant. Arrive le commissaire André Trouvé, patron des flics de
Cannes,
qui indique : « On a ce qu’il faut. » Des CRS déboulent. Cognent à tout-
va.
Evacuation du ciné. Les manifestants, sonnés, apeurés, sortent les
mains en
l’air. Les flics les projettent dehors. Les six civils ressortent :
ils veulent
des interpellations. Visent des gens et foncent. Interpellations
particulièrement violentes. Du sang coule. Ça matraque, même un
policier
municipal se défoule.

Parmi les visés, Tommaso di Giorgi, 44 ans, chômeur. Militant d’AC !,
il a
l’habitude des occupations : en général, la police vient, s’annonce,
donne dix
minutes pour libérer les lieux. Ici, juste de la violence policière,
disproportionnée. Un civil fonce sur lui. Tommaso comprend. Trop
tard. Le civil
le pousse par-derrière. "Je suis tombé avec la tête sur le phare de
la voiture
de police, raconte Tommaso. J’ai appris plus tard qu’il était cassé
[le phare,
mais son nez aussi]. Je perdais connaissance. Le flic a dit "Oh
putain ! Allez,
fais pas le con, t’en vas pas dans le coma !" Tommaso part à l’hosto.
Deux
points de suture sur le nez, trois sur le menton. Il veut ressortir.
Le médecin
refuse. Tommaso signe une décharge. Comme risque, le médecin écrit :
« Décès. »
Réjouissant. Finalement, trois flics l’entendent à l’hôpital, Tommaso
est
libéré à minuit.

20 h, journaliste menotté. Entretemps, les policiers ont joué le
deuxième acte :
« Les flics bastonnent du journaliste ». 20 heures, cent manifestants
bloquent la
circulation devant le commissariat, pour protester contre les quatre
gardes à
vue. « Libérez nos camarades ! » Charge des CRS à travers les voitures
de badauds
bloquées. « Pas charge, corrigera un responsable, refoulement. » Guest
stars : les
six civils du ciné. Mais c’est Gwenaël Rihet, de France 3, qui va
morfler. Il a
un tort : il filme les interpellations, à nouveau très violentes.
"Chaque fois,
j’étais bousculé. « Gwenaël flippe. »Les flics veulent me casser la
gueule." On
peine à le croire. Erreur.

Deux minutes plus tard, un civil le fauche par-derrière. S’assoit sur
lui. Ses
collègues le frappent, coups à la tête, à la hanche, aux jambes, au
torse. Lui
passent les menottes dans le dos. Gwenaël pisse le sang : la tête. Ça
lui
vaudra quatre points de suture. Plus tard. Car auparavant, les flics
tentent de
récupérer la caméra, mais le preneur de son réussit à la sauver. Et
Gwenaël part
au poste. « Les flics me disent : »Ça va chauffer.« J’ai pensé : »Ils
vont encore
me porter des coups.«  » Il est libéré à 23 h 30.

Entretemps, les flics se rendent compte qu’ils sont allés trop loin.
Deux
journalistes (AFP et LCI) ont été molestées. Même le commissaire
Asso
a été
fauché par une charge. Il boite bas. Le genou. Prétend que c’est un
coup d’un
intermittent. Tiré de sa soirée au festival, le sous-préfet Claude
Serra, en
smoking, improvise une version. Elle ne tient guère. Au Star, il y
aurait eu
« une bagarre avec des Anglais » justifiant l’intervention. Personne ne
l’a vue.
Le cameraman ? Les flics n’auraient pas compris qu’il était
journaliste. Dur à
croire. Ils ne voulaient pas de témoins, cognaient comme si, après
quatre jours
de frustration, ils pouvaient enfin se défouler. Tommaso, le blessé ?
"Il a
glissé." Tout seul ? Le sous-préfet annonce huit blessés policiers,
trois chez
les manifestants. Dans ses petits souliers (vernis), il n’insiste
guère. La
nuit, les télés passent les images. Accablantes.

Dimanche, le préfet des Alpes-Maritimes "présente ses excuses,
notamment aux
journalistes« . »Votre confrère de France 3 a été blessé dans des
conditions
inacceptables, affirme Pierre Breuil. Dès demain [ce lundi],
j’engagerai des
poursuites disciplinaires contre les auteurs, que je connais. Les deux
policiers seront punis." Deux ? On a vu une équipe de six,
ultraexcités. Le
ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, trouve les
incidents "très
regrettables« et »choquants« . La patronne du Star est »en
dépression", selon un
employé. Le cameraman de France 3, qui a porté plainte, est sonné. Et
les
intermittents, traumatisés. Les six flics ont peut-être atteint leur
but...

Michel HENRY

Le cameraman de FR3 a reçu depuis de la part du procureur, une lettre
qui
affirme ne pas constater de violences policieres , il a classé l
’affaire.
Le cameraman est toujours soupçonné d’avoir porté en premier un coup
de poing au
policier.

AC !13

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Archives contributions


« KO-Cannes 2004 » d’IndyMedia-Nice :
http://nice.indymedia.org/rubrique_theme.php3?id_mot=10

Communiqué des intermittents et précaires coordonnés en lutte à
Cannes
(15/05/2004 21h)
http://nice.indymedia.org/article.php3?id_article=6255

Tommaso blessé :
http://lescoteauxengreve.free.fr/cannes3/inter%20393.jpg

Autres photos :
http://lescoteauxengreve.free.fr/cannes3/inter%20401.jpg
http://lescoteauxengreve.free.fr/cannes3/inter%20385.jpg

Vidéo violences policières : [7,4 Mo <=> adsl]
http://nice.indymedia.org/medialab/KO_Cannes/StarCinema.mov





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