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Accord 2006 - 2008 : « Qui perd ? Qui gagne ? »(CGT)

Publié, le vendredi 23 décembre 2005 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : lundi 23 mars 2009


Communiqué de la CGT

Le Medef ambitionnait de conclure en 2 séances, 8 ont été
nécessaires. Le résultat est malheureusement inversement
proportionnel aux heures passées. L’accord que la Cfdt, la Cftc et la
Cgc s’apprêtent à signer (Fo ayant réservé sa réponse) aggrave la
situation des chômeurs et participera à augmenter la pauvreté et
l’exclusion.

Déjà 6 chômeurs sur 10 sont exclus du régime d’assurance chômage ;
86% ont une indemnisation inférieure au Smic et aucune augmentation
n’a été obtenue pas même l’indexation sur la revalorisation du Smic.
Par ailleurs, ses dispositions conduisent à une nouvelle vague
d’exclusions du régime d’assurance-chômage estimée par l’Unedic à 36
500 chômeurs sur 3 ans.

La Cgt déplore l’absence de volonté et d’unité syndicales qui a
prévalu durant cette « négociation » face à un patronat déterminé,
uni, solidaire et préservant ses intérêts. Une fois de plus, un
accord exonère le patronat de ses responsabilités et fait reposer sur
les salariés et les chômeurs le coût social de la précarité et de la
perte d’emploi ainsi que le rétablissement financier de l’Unedic.

De plus, la Cgt ne peut accepter les conditions dans lesquelles se
sont déroulées ces négociations qui constituent une atteinte grave à
la démocratie et singulièrement aux règles de la négociation collective.

Les principales dispositions et mesures d’économies

LA REORGANISATION DES FILIERES

Une nouvelle filière est créée intitulée « A+ ». Les conditions
d’accès ou les durées d’indemnisation des filières B et C sont
modifiées. La filière D est supprimée. Les estimations chiffrées de
l’Unedic (communiquées en séance) pour la durée de l’accord
confirment la gravité des conséquences de cette réorganisation pour
la majorité des futurs chômeurs.

La filière A : reste ouverte aux salariés ayant travaillé 6 mois dans
les 22 précédents la perte d’emploi ; ouvre droit à 7 mois
d’indemnisation. Du fait de la création de la filière A+, son
effectif devrait diminuer de 18 200 en 3 ans. Elle concerne
aujourd’hui 17 % des chômeurs.
La filière A+ : Ouverte aux salariés ayant travaillé 12 mois dans les
20 précédents la perte d’emploi, elle ouvre droit à 12 mois
d’indemnisation. 81 700 chômeurs seraient comptabilisés en 3 ans.
La filière B : Aujourd’hui 67,5% des chômeurs indemnisés est dans
cette filière. Ses conditions d’accès sont durcies ; elles passent de
16 mois d’activité dans les 26 précédents la perte d’emploi à 14 mois
dans les 24 pour une durée d’indemnisation maintenue à 23 mois. De ce
fait, 99 900 chômeurs vont basculer de cette filière vers la « A+ »
perdant ainsi 11 mois d’indemnisation.
La filière C : Ouverte aux salariés de plus de 50 ans, elle ouvre
droit à 36 mois d’indemnisation pour les salariés justifiant 27 mois
de travail dans les 36 mois précédents la perte d’emploi. Du fait de
la suppression de la filière D, cette filière enregistrera 47 900
chômeurs supplémentaires (glissement de D vers C).
La filière D concernant les chômeurs de plus de 57 ans et ayant
cotisé 100 trimestres est supprimée. Elle ouvrait droit à 42 mois
d’indemnisation. Perte de 6 mois d’indemnisation pour les chômeurs
basculant de cette filière vers la C.

Au total, ce sont environ 183 400 chômeurs dont les droits vont être
amputés. S’y s’ajouteront ceux dont les indemnités seront suspendues
ou supprimées en application du Décret gouvernemental de l’été 2005
durcissant les sanctions. Quant à la création de la filière A+ qui
permet une « amélioration sensible » de la situation de 18 200
chômeurs - 1% des chômeurs indemnisés - elle n’ouvre aucune
possibilité d’indemnisation ni aux cotisants comptant moins de 6 mois
de travail ni aux primo demandeurs d’emploi.

REDRESSEMENT DES COMPTES DE L’UNEDIC : QUI VA PAYER ?

Augmentation des cotisations salariées de 0,04 point : 160 millions
par an
Augmentation des cotisations employeurs de 0,04 point : 160
millions par an.

Alors que les profits et les dividendes aux actionnaires s’envolent
et que le pouvoir d’achat des salariés chute, l’augmentation des
cotisations touche à égalité employeurs et salariés ! De plus, le
patronat s’en sortira bien puisque ces augmentations seront
supprimées en 2007 si l’exercice financier de 2 006 est équilibré.
Or, début décembre, une présentation des prévisions financières de
l’Unedic a été faite aux directeurs des Assedic ; elle confirme le
retour à l’équilibre financier fin....2006 !
Économies réalisées sur le dos des chômeurs par la réorganisation des
filières : 474 millions d’euros par an.
Économies générées par les chômeurs « recalculés » : les effets de
l’accord signé en 2 003 se poursuivent. Alors qu’il a déjà pénalisé
de nombreux chômeurs (réduction de la durée et du montant de
l’indemnisation et exclusion d’environ 500 000 chômeurs du régime
d’assurance chômage), les nouvelles baisses et l’exclusion de près de
150 000 allocataires supplémentaires en 3 ans produiront une économie
de 1,8 milliard d’euros.

Aides financières aux entreprises (cumulables avec les autres aides
et exonérations sociales et fiscales) : une enveloppe annuelle de 50
millions d’euros est réservée aux entreprises qui recruteront des
salariés en contrat de professionnalisation ; une autre de 75
millions d’euros est consacrée aux recrutements de chômeurs de plus
de 50 ans (CDD seniors ?) ou comptabilisant plus de 12 mois de chômage.

Ce projet d’accord est inacceptable ! Rien ne justifie sa signature
puis son agrément par le gouvernement. Si chaque organisation
syndicale a reconnu que le régime d’assurance-chômage était « à bout
de souffle « , les salariés et les chômeurs ne doivent pas en
supporter les conséquences.

La construction d’une sécurité sociale professionnelle partie
intégrante d’un nouveau statut du travail salarié se confirme avec un
contenu responsabilisant socialement les entreprises et garantissant
des droits collectifs de haut niveau aux salariés et aux privés
d’emplois. Les exigences revendicatives portées par la Cgt et sa
délégation durant cette négociation s’inscrivent dans cette
perspective. Elles constitueront le socle des futures négociations
annoncées à partir de janvier 2 006 sur la « remise à plat » du régime.

Les négociations concernant les artistes et techniciens du Spectacle
(annexes 8 et 10) ont été reportées en Janvier. Le projet d’accord
présenté par le Medef ne répond pas, en l’état, aux revendications de
la profession.





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