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Qu’est-ce qui se passe ? Mayday 2006.

Publié, le mardi 2 mai 2006 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : mardi 25 octobre 2011


Qu’est-ce qui se passe ?

En novembre 2005, des révoltes se propagent dans la plupart des
villes de France suite à la mort de deux adolescents poursuivis par
la police. Des milliers de voitures sont brûlées, et avec elles des
dizaines de bâtiments publics, des concessionnaires automobiles, des
entrepôts. Des supermarchés sont pillés...L’état d’urgence est
décrété 50 ans après l’avoir été pendant la guerre d’Algérie. Il y a
plusieurs milliers d’interpellations, plus de 700 insurgés sont
condamnéEs à des peines de prison ferme.

Qu’est-ce qui se passe ?

Des rafles de sans papiErEs se systématisent dans les rues et dans
des foyers de travailleurs migrants. Après plusieurs incendies
provoquant des dizaines de mortEs, une vague d’expulsions de mal
logéEs est mise en œuvre. Des policiers rentrent dans des
établissements scolaires pour rechercher des mineurEs sans papiers.
Les expulsions par charters se multiplient, des familles sont
séparées. Le maire d’une ville d’Alsace fait détruire par le feu un
campement de gens du voyage.

Qu’est-ce qui se passe ?

En septembre des stagiaires se regroupent et luttent pour faire
connaître leur situation et conquérir des droits. L’exploitation dont
ils et elles font l’objet est largement répandue. Ils et elles
constituent, avec la complicité des universités, des écoles et des
organismes de formation, une armée de réserve pour les entreprises,
les associations et le secteur public : plusieurs centaines de
milliers de travailleurs sans droits, pas même le droit à un salaire.
Ils et elles envahissent les rues, organisent des actions publiques,
portant un masque blanc qui rappelle les dangers de s’exposer à une
lutte quand votre vie, vos études, votre avenir est soumis à
l’arbitraire d’un employeur.

Qu’est-ce qui se passe ?

En décembre une nouvelle convention UNEDIC d’assurance chômage est
imposée par le MEDEF et la CFDT. Le gouvernement agrée cette
convention qui aggrave encore la situation de touTEs les salariéEs
confrontéEs au chômage et les rend responsables de leur situation.
Les occupations menées par des intermittentEs, des précaires, des
chômeurSEs, se multiplient : des Assedic, des ANPE, des CAF, des
DDTE, le ministère de la Culture, celui des Finances, l’Opéra
Comique, des locaux CFDT etc. Des actions collectives contre des
radiations, des suspensions de paiement d’allocations ont lieu de
plus en plus régulièrement.

Qu’est-ce qui se passe ?

En réponse aux révoltes de novembre, le gouvernement décide de monter
un projet de loi dit de « l’égalité des chances » qui prévoit entre
autres l’apprentissage à quatorze ans, le travail de nuit dès quinze
ans, la suspension des allocations familiales en cas d’absentéisme
scolaire et un contrat de travail spécifique pour les jeunes de moins
de 26 ans : le CPE. Comme le contrat nouvelle embauche - CNE -, il
offre aux entreprises la possibilité d’embaucher à l’essai pour deux
ans des salariéEs dont elles peuvent se débarrasser à tout instant
sans verser de relicat de salaire, ce que le CDD ne permet pas. Le
projet de loi est adopté selon une procédure d’urgence qui évacue
tout débat parlementaire.

Qu’est-ce qui se passe ?

En mars, des travailleuses et travailleurs du sexe manifestent dans
la rue et organisent plusieurs actions d’interpellation des
dirigeantEs. Elles et ils luttent notamment pour conquérir le droit
d’exercer leur métier et se battent contre la loi sur la sécurité
intérieure, dont une des dispositions pénalise le « racolage passif
 ». Ce nouveau délit expose d’avantage les prostituéEs à l’arbitraire
policier : arrestations sans fondement, confiscation de préservatifs
et des camions où elles et ils travaillent, viols ; elles les
obligent à se déplacer dans des lieux plus éloignés, les rendant plus
vulnérables aux violences des clients. Les étrangErEs sans papiers
sont tenuEs de dénoncer leur proxénète éventuel si elles veulent
éviter une expulsion. Alors même que ce nouveau mouvement de
visibilité prend de l’ampleur, la seule réponse du gouvernement est
d’accroître la répression ; celle de l’opposition, de proposer « d’en
finir » avec la prostitution, sans se soucier de la parole des
premiErEs concernéEs.

Qu’est-ce qui se passe ?

La politique de contrôle et de radiation des chômeurs s’intensifie.
En une semaine, six ANPE et une ASSEDIC brûlent, d’autres font
l’objet de tentatives d’incendie. Depuis novembre les ANPE ont été
ainsi la cible de tentatives de destruction. Sur les mûrs d’une
Assedic en ruine on pouvait lire un tag : « Tiens, t’es radié ! ».
Après avoir expédié sur un forum internet un message de colère contre
les radiations, un agent de l’ANPE est interpellé. Son appartement
est perquisitionné et il est mis en examen par le procureur de la
République.

Qu’est-ce qui se passe ?

Le 8 mars, a lieu la plus importante journée de grève dans le
spectacle vivant depuis 1968, dans une indifférence absolue des
médias. En avril, les négociations concernant les annexes 8 et 10
engagées depuis novembre aboutissent à un nouveau texte qui ne
modifie en rien la logique du protocole combattu depuis déjà trois
ans par les intermittentEs du spectacle, aggravant certaines de ses
dispositions et ignorant superbement toutes les analyses et
propositions élaborées par le mouvement pendant ces trois années. Ce
nouveau protocole est mis en suspens pour une signature avant le 18
mai, date d’ouverture du Festival de Cannes. Pendant ce temps, le
gouvernement et les parlementaires se gardent bien de déposer au
parlement la proposition de loi qui reprend la principale
revendication des premiers concernés : la date anniversaire fixe avec
indemnisation de chaque jour non employé.

Qu’est-ce qui se passe ?

Les règles d’attribution de l’Allocation Adulte Handicapée sont
revues dans le sens d’un plus grand contrôle des vies et des
personnes avec pour objectif de les envoyer à la première occasion
dans un monde du travail qui ne veut pas d’elles. Les malades et les
handicapéEs, n’échappent plus à la logique qui transforme les droits
en aumônes qu’il faut quémander et pour lesquels il faut constamment
rendre des comptes. Une personne gravement malade doit payer
davantage pour ses soins qu’une personne en bonne santé. Des sans-
papiErEs atteintEs du VIH / sida, de cancer ou d’autres maladies se
voient refuser un titre de séjour pour soins sous prétexte que les
traitements seraient disponibles dans leur pays d’origine et qu’ils
abuseraient du système de soins français.

Qu’est-ce qui se passe ?

Le projet de loi sur « l’égalité des chances » révolte les étudiantEs
puis les lycéenNEs et les salariéEs qui manifestent, font grève et
mènent quantité d’actions de blocage partout en France sous le mot
d’ordre « (G)Rève générale ». De nombreuses universités sont
occupées. Parmi elles, la Sorbonne, trop symbolique pour le pouvoir,
est évacuée et le quartier mis sous cloche policière ; partout le
déploiement des forces de l’ordre est impressionnant, les
arrestations pleuvent et les condamnations ne se font pas attendre.
Deux mois de luttes font reculer le gouvernement qui finit par
concéder le retrait du seul article 8 de la loi, le CPE sur lequel
s’est focalisé l’attention médiatique.

Qu’est-ce qui se passe ?

Le ministre de l’Intérieur, habitué des propos ouvertement racistes
et xénophobes, propose une nouvelle loi sur l’immigration, qui durcit
encore un peu plus les règles de séjour en France des étrangErEs,
abroge le dispositif de régularisation après 10 années passées sur le
territoire, réévalue à la hausse les critères d’autorisation au
regroupement familial et à l’obtention de la carte de résident. Elle
institue une immigration utilitaire : d’un côté, sélection pour le
rayonnement de la France d’étudiants et de cadres qualifiés et de
l’autre, main d’œuvre dont le droit au séjour serait retiré s’il y a
rupture du contrat de travail.

Qu’est-ce qui se passe ?

Aux Etats-Unis, des millions de manifestants occupent la rue pour
exiger la régularisation globale des migrants sans papiers. En ce 1er
mai, une grève générale des clandestins est organisée. Pendant vingt-
quatre heures, par centaines de milliers, les sans-papiers ne sont
pas au travail, n’amènent pas leurs enfants à l’école, ne consomment
pas pour mettre en évidence leur rôle central dans l’économie.

Qu’est-ce qui se passe ? En France, à la suite du mouvement initié
par les étudiants, les manifestations syndicales du 1er mai sont
placées sous le signe de la précarité. Des prises de parole
syndicales au déclarations présidentielles, on entend parler de « 
sécurisation des parcours professionnels ».
Mais bien peu de ces discours dépassent les incantations au CDI pour
tous et à un plein emploi dont nous savons qu’il ne reviendra pas.

C’est une autre point de vue qui amène cette année xx 000 précaires à
parader pour le Mayday dans une vingtaine de villes en Europe. A
Paris, la parade Mayday est la parade de ceux qui pensent que bien au-
delà du recul du gouvernement sur le CPE, de nouveaux droits sont à
construire. Des étudiants italiens et espagnols nous ont rejoints et
nous sommes des milliers ce soir Place de la République.

Tous, ici, parce que c’est notre réalité, nous savons que les formes
d’emploi flexibles et mobiles, de plus en plus répandues, sont
aujourd’hui privées de véritable protection sociale. Premiers
concernés, nous savons que nous n’aurons voix au chapitre qu’à
condition de continuer à sortir de l’ombre, prendre la parole et
agir, fabriquer du possible et nous organiser collectivement pour
conquérir des droits pour tous, avec ou sans emploi, avec ou sans
papiers.

• Assemblée générale des Intermittents et Précaires d’Ile-de-France
le 8 mai à 19 heures au 14 quai de Charente.

• contre le CESEDA : manifestation nationale le 13 mai à 15 heures
place de la République.


Entre expérience et expérimentation, une politique qui ne porte toujours pas le nom de politique

La mort du libéralisme, Laurent Jeanpierre / Transindividualité et (in)consistance du collectif : le démoniaque, probablement - Bernard Aspe / Les grèves de l’automne 2010. Réémergence et perspectives de recomposition d’un antagonisme de classe / Nous sommes tous des irréguliers de ce système absurde et mortifère - L’Interluttants n°29, hiver 2008/2009 /
De la légitimité de frauder les minima et de quelques conseils à cette fin / Pôle emploi : déjouer les convocs pour « entretien téléphonique », les radiations, le suivi... / Ni emploi forcé, ni culpabilisation, ni management, grève des chômeurs !



La coordination a dû déménager le 5 mai 2011 pour éviter une expulsion et le paiement de près de 100 000 € d’astreinte. Provisoirement installés dans un placard municipal de 68m2, nous vous demandons de contribuer activement à faire respecter l’engagement de relogement pris par la Ville de Paris. Il s’agit dans les temps qui viennent d’imposer un relogement qui permette de maintenir et développer les activités de ce qui fut de fait un centre social parisien alors que le manque de tels espaces politiques se fait cruellement sentir.

Pour contribuer à la suite :

• faites connaître et signer en ligne Nous avons besoin de lieux pour habiter le monde.

• indiquez à accueil cip-idf.org un n° de téléphone afin de recevoir un SMS pour être prévenus lors d’actions pour le relogement ou d’autres échéances importantes.

Pour ne pas se laisser faire, agir collectivement :

Permanence CAP d’accueil et d’information sur le régime d’assurance-chômage des intermittents du spectacle, lundi de 15h à 17h30. Envoyez questions détaillées, remarques, analyses à cap cip-idf.org

Permanences précarité, lundi de 15h à 17h30. Adressez témoignages, analyses, questions à permanenceprecarite cip-idf.org

À la CIP, 13bd de Strasbourg, M° Strasbourg Saint-Denis
Tel 01 40 34 59 74



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