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L’Etat et les patrons ne comprennent qu’un langage : grève, blocage, sabotage

Publié, le mardi 19 octobre 2010 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : mardi 19 octobre 2010


Depuis plusieurs jours de multiples initiatives fleurissent partout : blocages de lycées, de gares, de raffineries, d’autoroutes, de dépôts pétroliers, occupation de bâtiments publics, de lieux de travail, de centres commerciaux ; coupures d’électricité ciblées, saccages de permanences électorales et de mairies...

Dans chaque ville, ces actions viennent intensifier le rapport de force et montrer que nombreux sont ceux qui ne se satisfont plus des formes d’actions et des mots d’ordre imposés par les directions syndicales. En région parisienne, parmi les blocages de lycées et de gares, les grèves dans les écoles primaires, les piquets d’ouvriers devant les usines, des assemblées interpro et des collectifs de luttes se tiennent pour tenter de casser l’isolement et les séparations catégorielles. Leur point de départ : l’auto-organisation pour répondre à la nécessité de nous approprier nos luttes sans la médiation de ceux qui prétendent parler au nom des travailleurs. Nous sommes nombreux à ne pas nous organiser selon les formes traditionnelles de la grève sur un lieu de travail et pour autant à vouloir contribuer au mouvement général de blocage de l’économie. Car ce mouvement est aussi une occasion pour aller au-delà de l’unique problématique des retraites, poser la question du travail, développer et construire ensemble une critique de l’exploitation.

A partir de ces questionnements, nous avions, ce samedi, décidé d’occuper l’Opéra Bastille. Il s’agissait de perturber une représentation retransmise en direct à la radio, jouer les troublions dans un lieu où circule la marchandise culturelle et d’y organiser une assemblée. Nous nous sommes donc retrouvés à plus d’un millier place de la Nation autour des banderoles « les patrons ne comprennent qu’un langage : grève, blocage, sabotage » et « contre l’exploitation, bloquons l’économie » avec aussi l’envie de déborder le cadre étroitement délimité de la manif syndicale. Nous avons remonté la fin du cortège à contre-sens afin de rejoindre le lieu de l’action, pour nous retrouver finalement en manifestation libre bien qu’entourée d’un dispositif policier imposant. Assez rapidement, plus d’une centaine de flics en civils aidés par le service d’ordre des syndicats ont scindé le cortège en deux, empêchant un certain nombre de personnes de nous rejoindre. À coups d’œufs et de pétards, nous avons autant que possible éloigné la flicaille de notre manif et accessoirement laissé quelques traces sur notre chemin. Rappelons au passage à ceux qui ne trouvent rien de mieux à faire que de spéculer sur des policiers infiltrés à partir des images volées par les journaflics, qu’il n’est pas question de pleurer sur deux vitrines de banques dont l’attaque ne constitue qu’une faible réponse à la violence du capital.

À l’arrivée à Bastille, la pression policière et la confusion aidant, seule une cinquantaine de personnes ont finalement pénétré dans l’opéra tandis que les autres choisissaient de se disperser. Les flics qui s’étaient déployés sur la place sont parvenus à arrêter une quarantaine de personnes qui ont été emmenées en garde à vue dans plusieurs commissariats. Lundi soir, la plupart ont été libérées, mais au moins cinq autres ne le sont pas et passent devant le juge ce mardi et seraient inculpées d’attroupement armé et dégradations en bande organisée.

Comme toujours, le pouvoir fait le choix de taper vite et fort, espérant accentuer ou créer des séparations (entre syndicalistes raisonnables et « jusque boutistes », entre lycéens et casseurs...) et briser tout ce qui participe à faire émerger un véritable rapport de force contre l’Etat et les patrons. La police dégaine flashball et tonfas contre les lycéens un peu trop énergiques ; les ouvriers des raffineries subissent les assauts des flics mais aussi les menaces directes de poursuites et de réquisition par le préfet ; les manifestants énervés qui auront décidé de ne pas se disperser dans le calme risquent la prison ferme comme à St-Nazaire. Depuis le début du mouvement, plus de 1 000 personnes ont déjà été interpellées...

La multiplication des initiatives échappant aux traditionnels fossoyeurs des luttes apporte un démenti clair à tous ceux qui voudraient isoler des moutons noirs et empêcher la contestation de remettre en cause ce qui est quotidiennement accepté, au delà de l’augmentation du nombre d’années de cotisation. Ces actions nous permettent d’entrevoir la possibilité d’un mouvement où les luttes corporatistes sont dépassées, où les bureaucrates perdent pied, où la lutte ne se limite pas à de prétendus acquis.

Il y a bien plus à prendre que ce qu’on veut nous faire croire !

Arrêt des poursuites. Liberté pour tous.

Rdv : Assemblée interpro mercredi 20 à 20h au CICP (21 ter rue Voltaire Paris 11e, M° Boulets Montreuil)

L’Etat et les patrons ne comprennent qu’un langage : grève, blocage, sabotage

Source : https://paris.indymedia.org/


Pense-bête « manif & garde à vue »

Face à la police, face à la justice


Plus d’informations :
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http://grenoble.indymedia.org/
http://www.hns-info.net/spip.php?mot14
http://juralibertaire.over-blog.com/
http://nantes.indymedia.org/
http://rebellyon.info/
http://rennes-info.org/
http://www.solidaires.org/rubrique3...
http://www.7septembre2010.fr/

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