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À propos de l’exploitation des précaires du Festival OFF d’Avignon

Publié, le mardi 26 juillet 2011 | Imprimer Imprimer |
Dernière modification : jeudi 28 juillet 2011


Voici un texte reçu d’un étudiant avignonnais distributeur de tracts pour des compagnies du Off chaque été depuis plusieurs années.

Ce texte donne une bonne idée du climat local et de ce qu’est devenu Avignon l’été, spécialement en terme de conditions de travail et d’exploitation (entre autres) des jeunes précaires.

• • •

L’ambiance de fête qui règne à Avignon en Juillet masque certaines situations souvent ignorées du public. En effet, une grande partie du travail d’affichage et de tractage est effectué par des jeunes, souvent embauchés sous des contrats précaires, voire de manière irrégulière. Virés du jour au lendemain, en fonction de l’humeur du producteur, nous sommes soumis à une pression qui n’est tolérée nulle part ailleurs qu’à Avignon.

De plus, cette précarité est doublée d’une dangerosité indéniable : par exemple, sans être couvert par une quelconque assurance, il est demandé de suspendre les affiches très haut et de travailler tard dans la nuit. À cela, il faut ajouter que les salaires « au black » proposés par de nombreuses compagnies sont très souvent inférieurs au SMIC [horaire, ndr].

Il faut prendre en compte également que de nombreuses compagnies s’enfuient du festival sans payer leur du, ou alors n’en payent qu’une partie, prétextant soi que le travail n’a pas été fait, soi une « mésentente ».

Le spectacle « CAVEMAN », qui se joue tous les soirs au Théâtre du Roi-René à 22h05, en est un cas exemplaire. Après qu’un contrat tacite, fondé sur une relation de confiance, fut institué, il fut brisé pour des prétextes futiles, que nous réentendons chaque année par les compagnies mauvaises payeuses.

Comme bien souvent, le lieu qui héberge la compagnie se désengage de toute responsabilité. Les étudiants qui ont bossé tout le mois pour défendre ce spectacle apprennent alors qu’ils ne seront payés que la moitié de ce qui leur est du. Par solidarité, nous avons décidé spontanément de créer un collectif pour que ce qui se passe réellement « en coulisse » se sache.

Nous demandons aux théâtres qui accueillent les compagnies malhonnêtes de se mettre face à leurs responsabilités. Nous demandons au OFF de prouver qu’il est autre chose qu’une coordination de supermarchés du spectacle.

Nous demandons aux lieux qui se prétendent « théâtre » d’assumer la responsabilité culturelle qui leur incombe, ainsi que le caractère éminemment politique qui repose sur l’art que nous sommes sensés défendre.

Le festival OFF, qui était envisagé comme une contestation du modèle économique, culturel et politique du IN de l’époque, est devenu exactement ce qu’il prétendait combattre. Nous espérons qu’une solidarité arrivera à éclore et que le tabou du travail irrégulier au festival tombera enfin.

Pour nous contacter : collectifprecaire.festival gmail.com


On le voit, une loi de la jungle renouvelée fait actuellement triompher un « darwinisme » social où le plus faible fait figure de proie pour des structures de production engagées dans une concurrence délétère.
La politique d’« excellence culturelle » implique en effet à la fois une baisse des financement publics, la mise en cause de droits sociaux c’est à dire collectifs qui entravent la concurrence de tous contre tous et en émonde les effets, et ces comportements de prédation
Le OFF d’Avignon est en passe de devenir un modèle de production pour une bonne part du spectacle (sur)« vivant ». Le supermarché ou chacun doit jouer des coudes pour assurer un chiffre n’a plus rien d’une exception. Déjà la diffusion est-elle devenue en bonne partie l’affaire des compagnies (on voit ce que cela donne dans le texte ci-desssus). Aujourd’hui, c’est de plus en plus aux compagnies de financer les lieux de spectacle, non seulement en leur assurant un public, non seulement en travaillant « à la recette » mais aussi en payant la location des salles (pour répéter, pour jouer) ; le phénomène se développe désormais « en temps ordinaire » ; le « droit de jouer », la possibilité de le faire tendent à se monnayer, y compris auprès des institutions les plus « installées ».

On aura beau jeu de lancer des vagues de contrôles contre des compagnies exsangues, comme c’est le cas en ce moment en Avignon... Pour l’heure, ce sont les salariés qui trinquent. En effet par delà le cas des précaires dont le temps de travail est purement et simplement volé dont le cas est évoqué ci-dessus, bien des compagnies paraissent avoir choisi de faire du zèle en anticipant de leur propre chef des règles qui n’existent pas (voir et faire valoir des point de repères à ce sujet : Intermittents, nous avons des droits).

Pour ne pas se laisser faire, agir collectivement, adressez questions, témoignages, analyses, conseils sur l’assurance-chômage des intermittents du spectacle : écrire à cap cip-idf.org

Les locaux utilisés par la coordination depuis plus de 7 ans, suite à un accord avec la Ville de Paris, étaient voués à la démolition en raison d’un important projet urbanistique. Deux ans de négociations avec la Ville n’ayant débouché sur aucun accord quant à un relogement, nous avons dû déménager en mai 2011 pour éviter une expulsion et le paiement de près de 100 000 € d’astreinte.

L’immeuble du 14 quai de charente permettait l’existence d’un centre social à Paris. L’espace disponible ayant été divisé par 10, cette fonction a été détruite, faute d’avoir su conduire la Ville à honorer son engagement de relogement. Contrainte au repli dans un local provisoire, la coordination maintient des permanences d’autodéfense sociale afin de poursuivre l’enquête et l’action sur les droits collectifs et la précarité et ce site internet destiné à mutualiser analyses et expériences de luttes.

Nous comptons agir à nouveau pour un relogement qui permette de développer des activités variées, auto-organisées et non marchandes, et appelons à signer en ligne et faire connaître Nous avons besoin de lieux pour habiter le monde. Merci d’indiquer à accueil cip-idf.org un n° de téléphone afin de recevoir un SMS pour être prévenus lors d’actions pour le relogement ou d’autres échéances importantes.

Pour ne pas se laisser faire, agir collectivement :

Permanences les lundis de 15h à 17h30
À la CIP, 13 bd de Strasbourg, Paris 10e, M° Strasbourg Saint-Denis
Tel 01 40 34 59 74

Adressez questions, témoignages, analyses, conseils :

- Précarité : écrire à permanenceprecarite cip-idf.org

- Assurance-chômage des intermittents du spectacle : écrire à cap cip-idf.org

Pour soutenir la coordination des intermittents et précaires, envoyez vos chèques à l’ordre de AIP à la CIP-IdF, 13 bd de Strasbourg, 75010 Paris. Sur demande une attestation peut vous être fournie.





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